Céline à Paris / Enregistrement NRJ / Emission 'Star Academy' / Entrevue avec 'Paris Match' (France)

Le 7 octobre 2005, dans l'après-midi, Céline Dion a accueilli la foule devant un magasin à Paris, pour la promotion de son album On Ne Change Pas.

Elle s'est ensuite rendue dans la VIP Room d'un club branché des Champs-Elysées pour enregistrer l'émission radiophonique 'le 6/9' diffusée le lundi matin suivant sur la radio NRJ.

En fin d'après-midi, elle est partie à la Plaine Saint Denis pour l'émission Star Academy diffusée en direct sur TF1 et animée par Nikos Aliagas. Elle a par ailleurs fait une apparition dans le journal télévisé précédant l'émission.

Après l'émission, Céline Dion a accordé une entrevue au Magazine 'Paris Match':

Arrivée le 5 octobre à Paris, Céline Dion est descendue à l'hôtel George-V. Quand elle voyage, elle s'entoure de toute sa tribu : son mari et manager, René Angelil, son fils René-Charles, mais aussi deux de ses soeurs, ses gardes du corps, ses chauffeurs...

Trois ans que la France l'attendait ! Et le public a retrouvé une immense chanteuse, mais aussi une femme chaleureuse et pleine d'humour. « On ne change pas », dit le tube titre de la compilation qu'elle est venue présenter à Paris... De la « Star Academy » à l'opération « Plus de vie » en faveur des personnes âgées, la star s'est donnée sans compter sur les plateaux de télévision. C'est avec ses fans de France qu'elle a, dit-elle, « vécu les moments les plus intenses de sa carrière ». Alors elle a voulu montrer à son fils René-Charles, 4 ans et demi, ce pays où elle se sent « comme à la maison ». C'est pour lui, pour assurer sa stabilité, qu'elle chante à Las Vegas depuis plus de deux ans. Elle espère, à la fin de son contrat en 2007, pouvoir reprendre ses tournées françaises. A moins que, d'ici là, elle ne donne un petit frère ou une petite soeur à René-Charles...

Paris Match. Pourquoi la France vous aime-t-elle tant ?

Céline Dion. Je voulais vous le demander ! Je suis vraiment touchée, parce que je ne m'attendais pas à un tel accueil. C'est en France que j'ai vécu les moments les plus intenses de ma carrière. J'ai l'impression de vous appartenir. Quand les Français vous aiment, c'est pour toujours.

P.M. Vous ne vivez pas les mêmes émotions à Las Vegas ?

C.D. Les Américains ne réagissent pas du tout de la même façon ! Les peuples sont plus ou moins démonstratifs. A Vegas, c'est tranquille, je suis habituée à me produire pour des gens qui vivent intérieurement. A Paris, c'est complètement l'inverse. Les gens chantent tous les mots avec moi, ils respirent avec moi, ils me donnent l'énergie, c'est une magie qui n'existe nulle part ailleurs. Tu pars pendant trois ans et c'est comme si tu ne les avais jamais quittés ! Moi ça m'émeut... Je rêvais que mon fils vive cela.

P.M. Il est avec vous en ce moment ?

C.D. Tu parles que oui ! Je ne veux pas passer pour une prétentieuse, c'est difficile de parler de soi, de dire : "Je suis contente que les gens m'aiment" mais, mardi soir, je suis allée au musée Grévin, pour inaugurer ma statue. Il fallait que René-Charles soit là, ce n'est pas tous les jours. Quand on est passé devant le Stade de France en arrivant à Paris, il était fier de moi. Je lui en ai tellement parlé !

P.M. Vous dites de ces concerts [en juin 1999"] qu'ils sont le point d'orgue de votre carrière.

C.D. Comment tu veux ! C'est vrai, c'est le plus beau moment de ma carrière ! Et l'un des plus forts moments de ma vie. A l'époque, René était malade, il menait un combat difficile contre le cancer. Je sentais le public, il m'a encouragée, il a encouragé René, c'était plus qu'un spectacle, c'était une communion. Mon mari avait insisté pour que je vienne, parce que je n'étais pas sûre de moi, je voulais m'occuper de lui. Il a eu raison ! Il y avait une telle énergie ces deux soirs-là que pour lui, comme pour moi, ce fut une guérison.

P.M. Vingt ans de carrière déjà et vous n'avez que 37 ans. Vous n'êtes pas lasse ?

C.D. Pas du tout ! Même si j'ai travaillé, si je me suis donné du mal, et si rien n'est arrivé gratuitement, j'ai quand même le sentiment de n'avoir vécu que de beaux moments, notamment en France, encore une fois. La plus belle récompense et le plus bel encouragement, c'est justement la réaction des gens... Je n'ai plus rien à prouver. Chez vous, j'ai l'impression d'être comme à la maison. C'est un peu comme si je rendais visite à ma mère que je n'ai pas vue depuis longtemps. J'passe la porte, "allô, comment ça boume ?" et c'est l'amour instantané. C'est un feeling qui existe entre nous.

P.M. Vous avez tout réussi. Avez-vous encore envie de nouveaux défis ?

C.D. Je ne sais pas vraiment où j'irai. Mais ça ne me fait pas peur. Chaque minute de ce que j'ai vécu, c'est pour la vie. Je ne m'attendais pas, quand j'étais môme, à aller aussi haut. Alors j'ai tout pris, tout accepté. Comme un cadeau. Quand j'ai chanté au Stade de France, je pensais être arrivée au maximum. Les deux albums en français avec Jean-Jacques Goldman ont quand même cartonné... [6,5 millions et 4 millions d'exemplaires vendus"]. Je ne voyais pas ce que je pouvais inventer pour me renouveler. Je ne voyais pas comment dépasser ça.

P.M. Vous avez donc fait vos valises pour les Etats-Unis...

C.D. René se soignait, j'allais faire un break, les Etats-Unis étaient la bonne destination. Il fallait concevoir l'enfant, le porter bien. Et j'avais envie d'en profiter. Aujourd'hui, René-Charles a 4 ans et demi. J'ai encore envie de chanter, mais toutes mes priorités ont changé. Il y a un autre amour qui s'est installé dans ma vie. Et je chante aussi pour lui. Parce que j'ai envie de lui laisser quelque chose, plus tard, pour qu'il soit fier de moi. D'autant qu'il voulait connaître sa mère en tant que chanteuse. On peut dire que la vie a fait que j'ai eu envie de continuer à chanter.

P.M. René-Charles se rend-il compte de ce que vous faites ?

C.D. Absolument ! Il est venu voir le spectacle, il avait à peine 4 ans, c'est lui qui me l'a demandé. Un jour, il m'a dit : "Maman je veux voir le show !" Je lui réponds : "Quel show ? ? Ton show !" Ça m'a touchée... Je n'impose pas mon fils, je ne le trimbale pas dans les coulisses. Il sait très bien qui je suis, ce que je fais. Je l'encourage à faire avec moi ce qu'il a envie. Je ne le cache pas, mais je ne le pose pas dans le salon non plus !

P.M. Vous êtes une maman privilégiée.

C.D. Oui, mais toutes les mamans devraient sentir qu'elles sont privilégiées. Avoir le grand bonheur d'être mère est même le premier des privilèges.

P.M. Comment organisez-vous votre vie à Las Vegas ?

C.D. Je n'ai pas le choix à cause des horaires de concerts. Donc nous nous levons très tard, nous déjeunons vers 17 heures, puis je vais au travail, je reviens vers 22 h 30-23 heures, et nous dînons tous ensemble. René-Charles suit ce rythme naturellement, comme si c'était la vie de tous les p'tits gars, comme s'il avait toujours fait ça.

P.M. Pensez-vous mener une vie 'normale' ?

C.D. Non. Je considère que nous sommes normaux, mais que nous menons une vie assez exceptionnelle. Je mentirais si je parlais d'une vie normale...

P.M. Vous avez un côté indestructible. Avez-vous des failles ou des fêlures ?

C.D. Quand on fait face à quelqu'un, que l'on a envie de dire des choses et que l'on a un retour aussi fort, cela vous aide à vous construire. J'ai commencé à chanter à 13 ans, voilà déjà vingt-quatre ans. Je ne pourrais pas monologuer dans mon coin. Quand le lien existe, que ce soit avec le public ou avec ma famille, et qu'il est si fort, il se passe toujours quelque chose. J'ajouterais que ce n'est pas moi qui ai parlé la première... Ça fait longtemps que les gens m'ont répondu. Ils sont au rendez-vous, sans hésitation. Ils sont là. C'est aussi pour cette raison que je ne me vois pas autrement qu'en chanteuse ou en maman.

P.M. Aimeriez-vous avoir un deuxième enfant ?

C.D. Les enfants, c'est la pure nature. Je ne sais pas si j'aurai la chance d'être maman à nouveau, seule la vie nous répondra. Je suis déjà mère, je suis déjà épanouie, alors tout va bien. Si je suis bénie une seconde fois, tant mieux. Il ne faut pas toujours tout planifier, parce qu'il faut savoir profiter de la vie !

P.M. Alors justement, avez-vous le temps d'en profiter ?

C.D. Bien sûr, en ce moment, par exemple. Ma vie est ainsi, elle est centrée autour de la musique. Je vis quelque chose de différent en France. Cela me change de la routine de Las Vegas.

P.M. Et si tout était à refaire ?

C.D. A mes débuts, j'étais trop jeune. Après, sans prétention, j'ai enchaîné les succès, je me suis fait prendre par le tourbillon, en français, en anglais... Je n'ai pas eu le temps de vivre ces moments-là. Aujourd'hui, je peux avoir du recul, m'asseoir par terre pour regarder en arrière. Je me dis, sans faire la fière, que j'aurais très bien pu me contenter de ma carrière ici. Je n'avais pas besoin d'accomplir d'autres choses. Plamondon, Goldman m'ont écrit leurs plus belles chansons... J'aurais pu ne faire que ça, continuer à les chanter, et ça me plairait toujours autant. Je suis une artiste francophone, il ne faut pas l'oublier. Je pourrais aussi chanter en japonais, mais ce ne sera jamais pareil !

P.M. Comment votre famille vit-elle votre succès ?

C.D. Mes soeurs m'accompagnent en voyage, mon succès leur va très bien ! Nous n'avons plus vraiment l'occasion de nous retrouver tous ensemble. Nous essayons de le faire au moins une fois par an, à Noël, à Montréal. Ce sont des moments que l'on chérit plus que tout au monde. Ma famille, c'est 110 personnes, nous sommes 14 enfants, alors à l'arrivée, ça fait du monde ! Sans compter la famille de René, qui fait partie des meubles ! On doit réserver tout le terrain de golf et le club pour se réunir !

P.M. Etes-vous le pilier de la famille ?

C.D. Je préfère pour l'instant garder mon rôle de petite soeur ! Je n'ai pas envie d'être vue comme un pilier ou comme un "pilon à patates" ! Je veux bien être le p'tit bébé gâté, la p'tite Céline, la p'tite fille ou la p'tite soeur... C'est comme ça que je veux être vue, et je ne souhaite pas que cela change.

P.M. Avez-vous encore des moments de doute ? Vous arrive-t-il de ne plus savoir où vous en êtes ?

C.D. Il m'arrive de pleurer quand je suis fatiguée. Mais je sais où je vais et ce que je fais. Quand j'ai du bon temps avec mon fils, et que je dois partir tous les soirs, je culpabilise forcément. Ça me déchire un peu. Je me demande un instant si je dois vraiment y aller. Mais je suis fidèle.

P.M. Comment gérez-vous la célébrité ?

C.D. Je ne la gère pas parce que je ne la vis pas. Je ne suis pas célèbre. Je suis une maman qui a un rôle très important, parce que je suis importante pour mon fils. Il me fait confiance, il m'a fait ce cadeau. Quand je suis sur scène, je vis chaque moment musical avec intensité, et j'adore ça. Mais quand je rentre chez moi, c'est terminé. Et je suis heureuse ainsi.

P.M. Comment René vit-il tout cela ?

C.D. Très bien. Il est touché quand je suis touchée. Ce soir [sur le plateau de la « Star Academy »"], j'ai vu combien il pleurait. Lui aussi était ému, il est à l'origine de tout pour moi. Je sais combien je lui dois. Pour lui, ma carrière, c'est une réussite émotionnelle !

P.M. Vous repartez pour Las Vegas. Savez-vous quand on vous reverra en France ?

C.D. Je n'ai pas envie de partir. J'aime tellement mon répertoire français ! Vegas, je l'ai choisi, j'assume mes responsabilités jusqu'au bout, tant que ma famille n'en souffre pas. Je l'ai fait pour mon fils. La stabilité d'une maison tous les soirs, c'était prioritaire à ce moment-ci de ma vie. Que ce soit pour deux ans ou pour quatre ans, c'est pareil. C'était primordial pour nous. Mais je n'ai pas quitté qui que ce soit, je ne suis même jamais partie. La preuve, je suis là !

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